On est prêt à tout pour oublier. Alors on boit. On fume. On baise. On se blesse. Et on espère ainsi panser nos petites blessures. Mais au final il ne se passe rien. Et cette putain de douleur est toujours là. Elle vous regarde avec un grand sourire et vous pouvez lire dans ses yeux : « Moi, je ne te quitterais pas. » On ne sait plus pourquoi. Ni pour qui. Ni comment on en est arrivé là. Mais on y est. Et j'ai l'impression d'avoir perdu des bouts de moi sur le chemin que j'ai emprunté. Il m'arrive souvent de me demander si je préfère me laisser couler ou me sauver. Mais il me semble que pour le moment je me laisse couler. La déchéance à un arrière goût de facilité qui me pousse à me vautrer dedans. Fuir est toujours plus simple qu'affronter. En attendant, je me détruis, je me mens, je déçois... Comme si j'étais une machine, un objet que l'on peut perfectionner à l'infini. L'important ce n'est pas ce que je ressens. Non, l'important pour eux c'est que je sois la meilleure. Il y a certaines douleurs qu'il vaut mieux laisser fermer. Pour notre bien mais surtout pour celui des autres.
Elle s'éveille la nuit, pour s'étonner de tout ce qui l'a remplacée... [~ Eluard ~]